
Copyright : Étienne Quinn
ÉDITO / MÉTRO
Cela ne vous aura sans doute pas échappé, si vous pratiquez comme nous les transports en commun à Marseille : les temps sont durs.
Surtout pour le métro : plus trois ans de travaux (ressenti dix mille), de départs des terminus à 21h30 en semaine, et d’effacement progressif de la personnalité des différentes stations, qui “perdent leurs décors, leurs couleurs et leurs âmes”, comme le précise la pétition “Stop à la rénovation moche des stations du métro de Marseille !” lancée par l’Université HLM (hors les murs) de Marseillologie.
Une fois n’est pas coutume, les membres de la Zone ont souhaité mettre en avant un ensemble de lieux, ou plutôt une “chaîne de lieux reliés par les rames”, plutôt qu’un quartier de Marseille.
Le métro est constitué d’espaces hybrides, tantôt oppressants, tantôt refuges, ni vraiment publics, ni vraiment privés. On y est statiques, alors que la vitesse y règne en maître.
Réfléchir au métro, c’est poser la question des usages de la ville, de sa cartographie et de son administration par les institutions locales, mais aussi du travail, et des imaginaires que l’on associe à des espaces que l’on a parfois pas vraiment le choix de traverser.
Nous avons dû nous poser ces questions, et interroger d’autres personnes, directement, dans le métro, ou à travers des textes académiques, par des regards artistiques et des œuvres de fiction.
Nous avons toujours pensé la Zone comme une sorte d’archive : ce numéro n’échappe pas à cette logique, pour consigner des traces des espaces qui disparaissent. Nous nous sommes rendus compte, en écrivant cela, que nous y tenions, à notre métro. Peut-être que nous aimerons un peu moins ses nouvelles rames, si les nouvelles stations en sont une première vision. À suivre ?
Bonne lecture ! Les membres de La Zone
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